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mercredi 20 février 2019

Analyse : Cinéman, de Yann Moix (2009)

Voilà une vidéo que j'avais hâte de mettre en ligne, on l'a tournée il y a 2 semaines, malheureusement j'ai été retardé par le fait de devoir aller au travail, dormir, et manger...

Ça fait 9 ans que Théo et moi avons vu Cinéman pour la première fois, mais ce n'est qu'il y a quelques mois que m'est venue l'envie soudaine de commander le DVD, qu'on a écouté le commentaire audio, et qu'on s'est dit qu'il fallait vraiment qu'on fasse une chronique vidéo de ce nanar.

Je peux dire maintenant qu'il est impossible que quiconque soit plus obsédé par ce film que nous.
On citait déjà des répliques de temps à autres, mais à force de bosser sur cette chronique, de réfléchir à des aspects du film, et de faire des recherches diverses sur ce qu'il y a autour, ça nous a encore plus obsédé.
On est devenus accros au jeu de Franck Dubosc, dont on a vu jusque là 6 autres films, et l'intégrale de ses sketchs Pour toi public sortis en DVD.
Et en zappant sur Paris première une nuit vers 2h du matin, j'ai aussi découvert que Yann Moix avait sa propre émission, et dès le lendemain, j'ai pris des places pour faire partie du public, afin de faire signer le DVD de ce qui est, clairement, un de mes nanars favoris.
Avec Théo, il nous arrive maintenant de discuter de l'univers du film, de parler des implications d'une scène ou d'une réplique, de chercher de nouvelles incohérences, et d'imaginer des intrigues pour une suite qui n'existera jamais.
Comme on a préféré ne pas tout répertorier dans la vidéo pour ne retenir que l'essentiel, je vous mets quand même une liste au bas de cet article de toutes les réflexions qu'on a eu sur le film.

Cette vidéo servira, j'espère, à donner envie de voir Cinéman à ceux qui hésitent encore, et à nous débarrasser un peu de notre obsession malsaine pour cette catastrophe filmique, histoire de pouvoir passer à autre chose.


Pour plus de rigolade, vous pouvez aussi lire ce thread que j'avais fait sur Twitter à propos du commentaire audio du DVD, qui est presque aussi drôle que le film lui-même :
https://twitter.com/ConneriesSurVHS/status/1076203145397702657

Avant de bosser sur cette chronique, j'avais rien spécialement contre Yann Moix, malgré certaines âneries qu'il avait sorti par le passé ; je crois que j'avais de l'affection pour lui, pour nous avoir fourni un film aussi formidablement raté.
Mais à force de voir des interviews, et de tomber sur de nouveaux propos sujets à polémique (et il y en a eu pas mal ces derniers temps), je me suis aperçu à quel point il pouvait être odieux. Bizarrement, il a beau être conscient que Cinéman est un ratage intégral, il se vexe dès qu'on en dit du mal. Et il prend un plaisir sadique à démonter les gens à la TV, avec une argumentation plus que foireuse.
Ce que j'ai trouvé particulièrement ironique, c'est qu'il a récemment bashé Kev Adams (que je n'aime pas non plus) en prétendant que celui-ci avait inventé "l'humour qui ne fait pas rire". Moix tend la perche pour que les gens lui rappellent Cinéman.
Mon opinion sur le réalisateur a changé en même temps que je montais la chronique, et alors qu'au début je me demandais si on se foutait pas trop de sa gueule dans notre vidéo (j'ai même retiré une phrase ou deux que je trouvais trop méchantes), j'en suis venu à vouloir montrer davantage à quel point il est méprisable.
Mais bon, ça aurait surchargé la vidéo, et je pense que Moix fait lui-même déjà un très bon boulot pour se rendre antipathique.

En tout cas, pour ceux que ça intéresse, voici les vidéos complètes dont on utilise des extraits dans notre chronique ; regardez celle avec Bénabar jusqu'à la fin parce que Moix y est vraiment odieux.







Pour ce qui est de nos remarques supplémentaires sur Cinéman :

> Un détail :
-En observant de près une des photos de tournage, j'ai vu à l'arrière-plan qu'il y a une fausse affiche de film pour Mort et vie d'Edith Stein, qui est en fait un livre de Yann Moix.

> Des erreurs :
-Même le mixage son est foiré : il y a de grosses variations de niveau parfois, et une scène où il manque un bout de phrase : le réceptionniste au début du film dit "Vous avez reçu un coup de fil un certain Jean-Claude Duss", et soit il manque une pause, soit il manque le son du "d'" avant "un certain".
-Quand Régis est sous-titré et qu'on lit "C'est un coup de Pierre Richard", on n'entend nullement Régis parler de Pierre Richard à ce moment précis, alors qu'il prononce le prénom de Sidonie.
-Durant la séquence de Tarzan à l'envers, on voit deux fois le même plan d'un singe sur une liane (mais inversé, l'une des deux fois), et il y a un Tarzan qui a la tête tronquée par un recadrage. Ils ont même pas pu recadrer le plan correctement, quoi...

> Des incohérences :
-C'est tellement flou que j'ai préféré ne pas en parler dans la vidéo, à défaut de pouvoir en tirer un propos clair et net, mais il est difficile de savoir si Cinéman est un simple acteur ou devient un personnage de film, et c'est pareil pour Viviane et Craps. Le nom de Viviane est sur l'affiche de Sissi mène le bal, ce qui porte à croire que c'est le nom de l'actrice, mais ça n'est jamais indiqué clairement, et au départ, je croyais que Viviane Cook était le nom d'un personnage dans Sissi. Je crois qu'au final, c'est censé être elle qui joue Sissi, mais ça n'est pas explicité.
-Au moins une fois (voire deux), Régis se rend dans un film sans embrasser la broche de Viviane.
-Craps est conscient d'être un acteur/personnage de film, et il semble avoir déjà affronté d'autres hommes issus du réel, pourtant il est surpris en voyant la date sur la carte d'identité de Deloux, tandis qu'ils sont dans un western... par contre, la carte d'identité en elle-même, ça l'étonne pas.
-Durant le repas dans Robin des bois, Viviane parle de Craps en disant qu'au début il n'était pas aussi méchant, et qu'il lui a permis de voir qu'il y avait une vie en dehors de Sissi... on croirait qu'elle a été kidnappée il y a longtemps, alors que c'est censé être arrivé un ou deux jours plus tôt.
-Quand Pierre Richard compare Régis à Alice au pays des merveilles, au détour d'une phrase il balance qu'elle y est allée par "le vieux chêne, là-bas". On sent vraiment l'idée improvisée au dernier moment, sans se soucier de la cohérence, parce que maintenant ça place Cinéman dans un univers partagé avec Alice aux pays des merveilles ? Oh, man...

(sérieusement, je suis sûr que personne n'a jamais imaginé que des gens allaient autant se prendre la tête sur les détails de ce film maudit, pas même Yann Moix)

jeudi 24 janvier 2019

Interview de Lloyd Kaufman à Cannes 2013

J'en parlais dans l'article précédent : j'ai finalement décidé de réuploader l'interview de Lloyd Kaufman que j'avais faite au festival de Cannes en 2013, après qu'on m'ait fait quelques retours.
Le son est vraiment pourri, mais Lloyd me fait trop marrer dans cette vidéo pour ne pas la re-partager. J'ai pensé à un moment ré-enregistrer mes questions, mais ça ne collait pas, j'ai donc tout sous-titré, d'autant plus que ça aide à éclaircir le propos de Lloyd Kaufman, qui fait quelques erreurs de français.
J'ai adapté certaines de ses phrases (c'est pour ça que ça diffère dès le "Soyez le bienvenue de Tromaville", qui est en fait sa traduction approximative de "Greetings from Tromaville").

J'ai supprimé plusieurs questions par rapport à la vidéo originale, parce qu'elles n'étaient pas intéressantes, ou n'étaient plus d'actualité.

dimanche 6 janvier 2019

Reportage : Troma au festival de Cannes 2013

Toxic avenger ressort en salles, Return to nuke'em high volume 2 est enfin sorti, et pour l'occasion le légendaire Lloyd Kaufman fait une tournée de projections et de dédicaces en France.
L'occasion parfaite pour que je déterre un montage vidéo que j'ai réalisé en 2013, alors que j'étais encore étudiant en école de cinéma.
Cette année-là, j'étais allé à Cannes pour assister à la projection du dernier film de Troma, et j'avais pris, au cas où, la seule caméra que j'avais à l'époque (une caméra DV cheap, avec prise de son direct), en me disant "on sait jamais, peut-être que je pourrai interviewer Lloyd Kaufman", sans trop y croire.
Il s'avère que Lloyd était incroyablement dispo et abordable auprès de ses fans ; j'avais demandé à un de ses assistants si je pouvais interviewer le boss, et j'ai dû attendre plusieurs jours, sans résultats. Mais en croisant Kaufman himself dans le Marché du film, je lui ai posé la question, et il a accepté direct ! Il se fichait de savoir si j'étais journaliste du Monde ou un étudiant qui écrivait juste pour un blog de ciné (j'appartenais à la 2nde catégorie, pour info), il a de suite fixé une date et une heure avec moi.
Et lorsqu'il a fallu décaler, il m'a personnellement appelé sur mon portable, pour s'excuser et trouver un nouveau rendez-vous.
C'était déjà incroyable de rencontrer quelqu'un dont j'adorais certains films, mais c'était encore plus dingue qu'il traite un simple fan avec autant d'égards (et ça fait quelque chose, quand le réalisateur de Poultrygeist t'appelles sur ton téléphone).

Durant mon séjour à Cannes, j'en ai profité pour filmer la Troma team au quotidien, obnubilé que j'étais par n'importe laquelle de leurs frasques, moi qui avais vu plusieurs fois le documentaire All the love you Cannes quand j'étais ado, et qui rêvais d'aller un jour au festival juste pour les croiser.
Le summum a été le tournage d'une séquence pour Return to nuke'em high volume 2, devant le Palais des festivals (sans autorisation, bien sûr). J'ai fait partie d'un de ces mutants qui crachent du slime vert, figure emblématique des productions Troma !

De retour de ce périple, je savais que j'avais suffisamment de rushes pour monter deux vidéos : une interview de Lloyd Kaufman, et un reportage sur le passage de Troma à Cannes.
Tandis que certains travaillaient sur leur projet de fin d'année, je monopolisais donc certains ordinateurs vacants dans les locaux de mon école de ciné, pour monter du Troma.
Et le travail avançait peu, car je n'arrêtais pas de montrer des extraits à n'importe quel étudiant passant par là, tellement fier d'avoir pu filmer tout ça.
J'ai plusieurs fois hésité à re-uploader mon "reportage" sur Youtube, car même si j'en étais terriblement fier à l'époque, j'avais utilisé le matériel très amateur que j'avais sous la main, et le son des interviews laisse vraiment à désirer.
J'ai quand même décidé de repartager ça, en réenregistrant quand même la voix-off, qui était encore plus horrible que le reste. Et comme je n'ai plus le projet de montage depuis longtemps, j'ai dû bidouiller pour remplacer la voix et la musique.

Au moins, vous allez voir l'ambiance que mettait la Troma team lorsqu'elle passait au festival, quand elle y était encore plus ou moins la bienvenue.
Pour ce qui est de l'interview complète de Lloyd Kaufman, dont j'étais également très fier, je ne sais pas encore si je la remettrai en ligne (ou alors dans une version raccourcie et sous-titrée) : le son est encore moins audible, et une partie du propos est devenu obsolète.

mercredi 12 décembre 2018

Bandes-annonces #87 : VHS de Medicine man

J'ai acheté la VHS de Medicine man par inadvertance ; c'est de McTiernan, mais pas le genre de film que j'aurais pris en VHS. Or, c'était caché dans le boîtier de Marchands de mort...
Une seule bande-annonce, celle de IP5 : L'île aux pachydermes (1992), drame de Jean-Jacques Beineix avec Yves Montand.
Des BA de ce film sont déjà dispos sur Youtube, mais pas cette version.

samedi 1 décembre 2018

Portrait vidéo : Dans l'antre d'Antoine Cervero


Dans le cadre de mon documentaire sur Norbert Moutier, j’ai rencontré Antoine Cervero, créateur d’effets spéciaux pour Alien platoon et Dinosaur from the deep. Egalement collaborateur de Julien Richard-Thomson et de Jean-Pierre Mocky, il continue aujourd’hui de créer : des peintures, des BD, et des monstres bricolés chez lui avec un peu tout ce qui lui tombe sous la main.

Je savais que je n’aurais pas assez de temps à consacrer à ses créations dans le documentaire, donc j’ai fait une vidéo séparée, une sorte de "bonus" bien avant la sortie du film, qui vous donnera aussi un avant-goût de ce que je prépare.

mardi 20 novembre 2018

Mais qu'est-il arrivé aux Royal Donuts ?

[NOTE : Cet article a été publié à l'origine le 7 septembre 2016 sur un autre blog, aujourd'hui disparu. Je le republie ici aujourd'hui pour ne pas perdre ce travail, et parce que je tiens toujours à faire connaître les créations d'Amaury Dupas et surtout de Julien War, car Thierry Levure et Danny Esteban restent encore mes webséries préférées, elle me font hurler de rire à chaque fois que je les revois.]


"Mais qu'est-il arrivé aux Royal Donuts ?", une question qui me revient à l'esprit, de temps à autres, et que j'estime être le mieux placé pour l'aborder, puisque je dois être le seul sur cette planète à me la poser.
Toutefois, l'interrogation qui doit sûrement vous assaillir maintenant, c'est "Mais c'est qui, les Royal Donuts ?"
Pour répondre à cela, revenons environ une dizaine d'années en arrière. Je devais être au collège lorsque j'ai découvert le défunt site Cine-courts.com. Il m'a fallu ressortir mon DVD de George Lucas in love, édité par ce site, pour en retrouver le nom, puisque Ciné-Courts a aujourd'hui disparu. Quelle ironie que leur DVD, qu'on peut encore trouver régulièrement dans les magasins d'occasion, leur ait survécu !
Comme son nom l'indique, Ciné-Courts, créé en 1999, partageait des courts-métrages divers, mais une série de vidéos en particulier avait attiré mon attention, titrée Refais ton film préféré à la maison.
Il s'agissait de sketchs pour les chaînes du bouquet CinéCinéma (aujourd'hui renommé Ciné+), où le duo des Royal Donuts, à savoir Julien War et Amaury Dupas, détournaient des blockbusters avec leurs propres moyens, et ce avant même que Michel Gondry ne le fasse avec son Soyez sympas, rembobinez.
Sur internet, je n'ai le souvenir que de 5 épisodes disponibles, qui portaient sur Men in black, Jurassic park 3, Fast and furious, Il faut sauver le soldat Ryan, et Mulholland drive.
N'ayant aucune chaîne du câble ou du satellite, je ne pouvais qu'imaginer les autres parodies à côté desquelles je passais !

Voici une vidéo réunissant plusieurs épisodes :

Je n'avais pas revu ça depuis des années, peut-être un peu de crainte que ça me plaise moins que lorsque j'étais ado, mais en fait ça me fait toujours autant marrer. C'est mon type d'humour ; c'est très idiot mais bien écrit et bien rythmé.
Et je pense que ce côté semi-amateur m'avait plu parce que ça donnait l'illusion que c'était à la portée de tous, ce qui donnait du coup envie de se saisir d'une caméra aussi.

Ça paraît fou mais en revoyant ça, je me rappelle aussi que certaines répliques m'avaient marqué, au point que je les ressortais régulièrement par la suite.
Et je pense que je m'étais inspiré de ces vidéos pour trouver le ton de mon propre film suédé, lorsque Dailymotion avait lancé un concours pour la sortie de Soyez sympas, rembobinez ; je voulais faire quelque chose se situant entre l'hommage et la parodie.
(autre anecdote bidon mais qui atteste également de mon appréciation des Royal Donuts à l'époque : lors de ma première inscription sur Blogger, j'avais choisi une photo de Starfuckers en avatar)

Les Royals Donuts ont également réalisé une autre série de vidéos, toujours pour les mêmes chaînes, portant sur le lexique du cinéma :


Puis, aux environs de 2005-2006 je dirais, j'ai appris l'annonce d'un long-métrage de leur part, nommé Starfuckers.
Il existait alors un site, avec plusieurs teasers, où l'on voyait Amaury et Julien en costumes de super-héros cheaps, s'en prendre à des stars : on les voyait pisser sur les chaussures de Thierry Lhermitte et prendre Corbier ou Amanda Lear en otage.
On peut encore trouver la fiche sur Allociné : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=112260.html
Aucune date annoncée sur l'affiche, juste un simple "Cet hiver, les stars vont morfler". Mais l'hiver de quelle année ?!
Plus le temps passait, moins j'imaginais le film sortir un jour. Et puis le site de Starfuckers a disparu...
Il existe également une fiche sur SensCritique ! Bon ok je l'avoue, c'est moi qui l'ai créée il y a 5 ans, et encore aujourd'hui je reste le seul à avoir ajouté le film à ses envies...

On peut encore voir les quatre teasers :









Depuis, les Royal Donuts ont été bien moins actifs, il y a eu Tueurs, qui n'a duré qu'un épisode ; ensuite il semblerait que Julien War ait créé de son propre côté El Dirty Donut : http://eldirtydonut.over-blog.com/ 


Ça a donné Le mec de 1996 (4 épisodes) et No sex in the city (3 épisodes). Les concepts sont très différents, bien qu'on y retrouve toujours le même sens du rythme et le même humour débile mais tordant.
Mais il ne s'agit malheureusement que de séries vite abandonnées, avec à chaque fois, une ou deux personnes se plaignant en commentaire que ça ne continue pas.

Ce n'est qu'en me renseignant pour la rédaction de cet article que j'ai découvert que Julien War a co-écrit De l'autre côté du périph, la comédie avec Omar Sy.
On peut lire une interview de Julien ici : http://www.linternaute.com/homme/loisirs/1020407-no-sex-in-the-city-une-nouvelle-web-serie/1020411-julien-war-createur-de-la-serie

Mais leur long-métrage en commun, Starfuckers, que lui est-il arrivé ?!
Au fil du temps, à chaque fois que ces vidéos, ou autre chose, me faisait repenser avec nostalgie aux Royal Donuts, j'ai tenté de les contacter, par message privé sur leurs divers comptes Facebook, Youtube, ou Dailymotion, pour savoir ce qu'il était arrivé à Starfuckers.

Je n'ai jamais eu de réponse. Étant donné leur manque d'activité, est-ce parce qu'ils n'ont pas lu ?
Parce qu'ils ont eu la flemme de répondre ? Parce qu'ils préfèrent oublier ce qui a pu arriver à leur film ? Parce que, pour une quelconque raison légale, ils n'ont pas le droit de narrer ce qu'il s'est passé ?! Ou bien est-ce que tout cela n'a été qu'un gros canular depuis le début ?

Si on utilise le site Archive.org pour accéder au site de Starfuckers tel qu'il était à l'époque, on peut voir l'annonce d'une BO par Les Wampas, et le nom des producteurs, à savoir CinéCinéma et Mehdi Boukacem :
https://web.archive.org/web/20070324140853/http://www.starfuckers-lefilm.com/

C'est à partir de ce moment que j'ai décidé d'enquêter un peu, puisqu'une piste nouvelle se présentait à moi. Et puis, c'était l'occasion ou jamais, je ne pouvais boucler cet article sans la certitude d'être allé jusqu'au bout (de plus, ça fournissait une bonne excuse pour chercher des infos ; plutôt qu'un fan maniaque, je pouvais passer pour un blogueur qui fait bien son boulot).
En cherchant Mehdi Boukacem, je suis tombé sur le profil d'un réalisateur à la tête de la boîte Z-Art studio. Le site de sa société a disparu, mais en utilisant encore Archive.org, j'ai pu trouver une adresse mail. Qui ne fonctionne plus non plus.
J'ai ensuite vu que Boukacem était originaire du Havre, comme le duo des Royal Donuts ; ça ne pouvait être un hasard, et m'a encouragé à lui envoyer un message sur Facebook.
En parallèle, j'en ai envoyé un autre à Amaury Dupas, voyant au passage qu'un autre message envoyé presque 4 ans plus tôt, et concernant également Starfuckers, était resté sans réponse.
Mais là, Amaury m'a répondu, presque immédiatement.
Je dois dire que je ne m'y attendais pas.

Désillusion : Starfuckers n'était effectivement qu'un canular ; 10 ans après je découvrais enfin la vérité. Ça m'a pris presque autant de temps que pour le père Noël.
Toutefois, ayant enfin l'occasion de m'adresser à un des Royal Donuts, puis plus tard au second, j'y ai vu l'opportunité d'avoir des réponses à toutes mes interrogations.
En voici un condensé :

> Est-ce que vous souhaitiez depuis le départ travailler dans le cinéma ou l’audiovisuel ?
Amaury Dupas : Non, pas nécessairement, je prends toutes les choses de la vie comme elles viennent, expérience après expérience, et celle-ci en fut une très enrichissante à tout les points de vue.
Julien War : Oui, depuis que j’ai découvert La télé des inconnus à une dizaine d’années. J’étais d’abord fasciné par ces rigolos qui se déguisaient, leur air entraînant, puis leurs satires acerbes et leur dérision qui fait mouche… Mais je n’ai pas fait d’études dans ce sens. J’ai toujours appris seul, avec des livres surtout…

> Comment sont nés les Royal Donuts ? Et d’où vient ce nom ?
JW : Royal Donuts est né lorsque CinéCinéma (l’ancêtre de Ciné +) nous a commandé une série de sketchs. Au début nous étions trois, et lorsque nous sommes passé en duo, nous avons dû trouver un nouveau nom pour amorcer ce nouveau départ. Je ne me souviens absolument pas comment j’ai trouvé ce nom mais je sais que l’aspect visuel du donut et ses déclinaison m’attirait beaucoup !
AD : Pour le nom c’est juste un dérivé potache de la troupe Royal deluxe [NDR : troupe de théâtre de rue, habituée à faire défiler des marionnettes géantes dans les rues du Havre notamment]

> Est-ce que vous aviez fait d’autres créations vidéos avant Refais ton film préféré à la maison ?
JW : En effet, nous avions fait pas mal de vidéos avant cela, notamment en trio, sous l’appellation "Port Nawak". A l’époque on parodiait beaucoup la télé, un genre qui s’est vite galvaudé. Mon cousin a retrouvé quelques vidéos qu’il a mises en ligne récemment : https://www.youtube.com/watch?v=PBi_EsystaU&list=PLDuIVcfFGdOW-Xl3ZPUGu747tN_BHMQIF Ce sont nos débuts, donc pas forcément que du bon !

> Comment en êtes-vous arrivés à travailler pour CinéCinéma ? J’ai comme un vague souvenir d’avoir lu quelque part, il y a des années, que vous présentiez des séances de ciné ?
JW : Oui c’est a peu près ça. En 2002 j’avais contacté la ligue d’impro du Havre pour bosser sur des sketchs que je voulais réaliser. Une fois mon équipe montée, je suis allé démarcher des salles de ciné pour leur proposer de diffuser des sketchs avant les grosses avant-premières comme Le seigneur des anneaux. C’était la première fois que mon travail était diffusé dans une salle de ciné, un rêve devenu réalité.
AD : Je crois que tout ce qui a fait que les choses on connu un essor à un moment donné c’est grâce à Julien, il y a toujours mis une énergie incroyable pour parvenir à son but qui était de faire partie de ce milieu et j’estime aujourd’hui qu’il y est parvenu. Je suis admiratif de ça, et d’une manière générale envers ceux qui foncent vers leur rêve.

> Étant donné que j’ai toujours connu Refais ton film préféré à la maison sur internet, je n’ai jamais vu ces vidéos sur la chaîne. Dans quel contexte est-ce que c’était diffusé ; c’était des présentations qui précédaient les films ?
AD : Refais ton film préféré à la maison n’était pas dans la grille de programmation de la chaîne, il n y avait donc pas de rendez-vous prévu avec le public. C’était une pastille diffusée entre les trous dans la grille de programme en quelque sorte.

> De quand à quand est-ce que cela à duré ?
AD : J’dirais de 2003-2004 jusqu’en 2006-2007.

> Combien est-ce qu’il y avait d’épisodes de Refais ton film… ? Je crois qu’il n’y en avait que 5 disponibles sur internet.
AD : Honnêtement je ne sais plus mais il y en avait plus que 5, c’est certain.
JW : Je crois que les autres ont disparu, du net et de ma mémoire !

> Quand on revoit ces vidéos aujourd’hui, on a l’impression que c’est précurseur de ce qu’on peut trouver en masse sur Youtube maintenant, en terme de rythme, et par rapport à l’aspect didactique/tutoriel. Il me semble que les vidéos de Refais ton film… ont même précédé le film de Michel Gondry, Soyez sympas, rembobinez.
AD : Ça c’est bien vrai, on s’est même demandé si Gondry ne nous avait pas pompé le truc ! Mais bon soyons sérieux, je doute fortement qu’il soit tombé sur un de nos sketchs, mais j’avoue ce fut une sacrée surprise de voir ça.

> Est-ce qu’on trouvait déjà d’autres créations de ce genre à l’époque, dont vous vous seriez inspirés aussi, ou est-ce que c’était relativement nouveau ?
JW : Non, de mémoire Refais ton film... était une idée originale d’Amaury, et on a tout de suite été très emballé. On avait peut être 2 ans d’avance sur les films suédés de Gondry, et en effet par la suite, tout le monde a pensé qu’on s’en était inspiré…

> Est-ce que ces sketchs et passages à la télévision vous ont fait gagner une certaine notoriété à l’époque ? Est-ce qu’on vous a déjà reconnu dans la rue, par exemple ?
AD : Non, l’exposition médiatique était trop insignifiante, mais par contre ça nous a valu une certaine exposition dans la presse locale ; coupures de journaux et double-page dans le magazine municipal Océane.

> D’où est venue l’idée de Starfuckers ? Aussi bien le concept que l’idée d’en faire un canular (il faut encore que je m’en remette)
AD : L’idée originale venait de moi et Julien à développé le concept. Quant à la partie canular, elle était convenue dès le début, c’était en quelque sorte une tentative de buzz lorsque cela ne se faisait qu’avec la complicité de média influents.

> Étant donné que ce n’était donc pas réellement destiné à devenir un long-métrage, comment est-ce que vous avez convaincu les quelques stars qu’on voit dans les teasers ? (Amanda Lear, Thierry Lhermitte, Corbier)
JW : C’était sensé être un gros canular, mais à l’époque les réseaux sociaux n’existaient pas et la mayonnaise n’a pas pris ! J’ai contacté tous ces gens par mail, parfois en tapant des adresses au hasard. J’avais conçu un petit dossier de présentation. Je sais que Lhermitte a accepté car il est lui même un grand fan de canulars en tout genre.

> Sur le site, on peut voir en producteur CinéCinéma, et Mehdi Boukacem. Est-ce que vous pouvez parler davantage de la place que ce dernier a eu sur les divers projets des Royal Donuts, et comment vous l’avez connu ?
AD : Pour CinéCinéma, ils étaient d’accord pour jouer le jeu, et Mehdi est un ami de longue date de Julien qui faisait ses études dans une école pour devenir producteur. C’était d’ailleurs lui le gérant de Nemesis production, qui vendait les sketchs.

> Il existe une fiche Allociné de Starfuckers, est-ce que c’est l’un de vous qui l’a créée ?
AD : Pour la fiche Allociné c’est Julien qui avait une amie qui bossait là-bas, donc elle nous a filé un coup de main. Jean Yves Lafesse fait partie des personnes qui ont accepté de jouer le jeu comme Plastic Bertrand ou encore Valérie Lemercier.

> Jean-Yves Lafesse est crédité, mais il n’est pas dans les teasers ; est-ce qu’il devait participer à un autre moment ?
JW : Il devait le faire en effet mais n’a jamais donné suite à notre échange de mail.
> Après Starfuckers, si je ne me trompe pas, la seule, et dernière, création des Royal Donuts, c’est Tueurs, qui n’a duré qu’un épisode. Est-ce qu’il devait y en avoir d’autres ?
AD : Oui il devait y en avoir d’autres, on préparait ça pour notre rentrée sur Ciné Frisson, qui n’a finalement jamais eu lieu. Le milieu de la télé, quand on n’est personne, c’est compliqué d’exister. Les gens avec qui on avait collaboré pendant des années ne répondaient plus au téléphone ni aux mails. C’est comme ça, on n'était rien ni personne donc j’imagine qu’ils avaient autre chose à foutre.
 > Julien a ensuite créé "El dirty donut", mais sans Amaury cette fois.
AD : Oui, il était resté sur Paris et moi j’étais plus souvent au Havre ; des choses banales de la vie en quelque sorte, la fin d’une époque. Je dois quand même avouer que vers la fin je ne partageais plus vraiment le style d’humour auquel il aspirait donc la motivation en a pris un coup, et puis la réalité : devoir payer un loyer, se nourrir, tout ça quoi.
JW : C’était une tentative de blog qui rassemblerait les anciennes vidéos de Royal Donuts et des nouvelles, en solo. Mais je n’ai aucun talent pour la communication et je n’ai pas su persévérer !

> Pourquoi avoir arrêté si tôt Tueurs, Le mec de 1996 ou No sex in the city ? A voir les commentaires sous les vidéos, la réception était bonne et le public attendait la suite.
(dans mon cas, j’espère encore en voir plus)
JW : Peu de gens connaissent Tueurs ! C’était à la base un programme que l’on devait vendre a CinéCinéma pour une troisième saison, mais ils ont fermé les vannes. Dommage, Amaury me faisait beaucoup rire là-dedans.
Pour les autres, ce sont des tentatives solo et auto-produites pour capter l’attention, et surtout me faire plaisir. Mais c’était énormément de boulot et je ne pouvais pas faire bosser des gens dans la durée sans les rémunérer. Le succès était relativement au rendez-vous, mais pas suffisamment pour créer un vrai engouement qui m’aurait encouragé à persévérer. Je n’ai jamais eu de patience, c’est mon gros défaut.

> Est-ce qu’il y aurait d’autres webséries qui m’auraient échappé ?
JW : Oui, Thierry Levure, un concept récent dont les pilotes ont été financés par D8, mais suite au putsch de Bolloré on a fini à la poubelle… Il y a aussi Pat Claybard, avec mon compère Rémy Four... J'en ai fait tellement que j'en oublie ! [NDR : J'ai également découvert par la suite Danny Esteban, personnage d'agent artistique loser]



> Est-ce que ces webséries étaient pour vous un moyen de vous faire connaître ? Ou c’était juste pour le plaisir de créer quelque chose ?
AD : Les deux. Je pense que lorsqu’on fait ce genre de choses, c’est tout d’abord pour se faire plaisir, mais après s’il est possible d’en vivre, je crois que beaucoup ne refuseraient pas. Après la vraie notoriété ne me fait pas vraiment rêver en ce qui me concerne, en tout cas plus maintenant.
JW : Les deux, mon capitaine. Désormais je suis auteur réalisateur pour le cinéma. Je travaille avec un nouveau partenaire, Rémy Four. Désormais le web n’est plus qu’une cour de récré pour moi, et une façon d’occuper mes week-ends ! La différence c’est que désormais, il y a tellement de choix dans ce domaine qu’il faut sortir du lot avec un concept inédit, voire révolutionnaire. Je le cherche encore… 

> Julien, étant devenu scénariste depuis, est-ce que ces premières créations vous ont aidé à percer dans le milieu du cinéma ?
JW : Ça m’a permis de mieux me connaître, identifier mon propre humour, un ton que j’essaie encore d’affiner, et surtout de maîtriser la grammaire de l’humour. C’est un work in progress permanent…

> Amaury, j’ai vu que vous faisiez des clips pour MS2K Vidéo Production.
AD : MS2K Vidéo Production c’est la boîte que j’ai créé il y a deux ans, après six ans dans une agence de communication en tant que responsable du pôle image. Je travaille principalement pour des agences de com’ et d’évènementiel tout en continuant à me faire plaisir avec de petites réalisations plus perso, en attendant d’avoir toutes les conditions réunies pour réaliser mon premier court métrage dont j’ai vaguement imaginé le pitch. Une nouvelle aventure sans doute ! Pour la curiosité : https://vimeo.com/ms2k

> Est-ce que vous avez toujours l’envie de faire des sketchs ou des web-séries ?
AD : En ce qui me concerne, pas pour le moment, mais c’est un truc qui me branche.
JW : Oui, comme je disais au début je suis tombé dedans quand j’étais petit alors ça ne me quittera jamais. Les américains, même les grandes stars de l’humour comme Will Ferell ne s’en privent pas, via des sites comme Funny or Die et le SNL. Mais en France on trouve que l’humour est dégradant, appauvrissant intellectuellement. Alors je continuerai à concevoir des conneries, potaches ou absurdes, parce que tout simplement ça me fait rire.


Grâce à ces échanges, j'ai donc pu découvrir d'autres créations des Royal donuts, moi qui étais avide d'en voir toujours plus. Et Thierry Levure est de loin ce qui m'a le plus fait rire ; le concept est simple mais brillant : tous les personnages sont incarnés par des vidéos sur iPhone, dans des décors miniatures, pour des intrigues qui tournent à chaque fois autour des nouvelles technologies. Du coup, à l'humour absurde habituel s'allie cette fois un propos assez pertinent par moments.
Et encore une fois, quel regret que ça soit déjà terminé en une poignée d'épisodes, dévorés en un instant. Cette frustration persiste, et maintenant que je sais pourquoi tous ces concepts géniaux ont été tués dans l’œuf, j'ai l'impression qu'on a à plusieurs reprises retiré aux Royal Donuts leur chance de percer.
Mais j'ai découvert leurs créations étant ado, j'y reviens aujourd'hui et ça me plie toujours autant en deux. Il y a un sens de l'humour idiot, mais un vrai talent dans la mise en image des gags, de par l'efficacité du jeu, de la réalisation, et du montage.
Et je refuse de croire que des créations de qualité et leurs auteurs vont rester dans l'ombre ; je suis persuadé qu'une œuvre, quelle qu'elle soit, finit par remonter à la surface si elle est suffisamment bonne pour donner aux quelques personnes qui tombent dessus l'envie d'en parler. (de la même manière que je pense que Futurama est une série bien trop géniale pour rester annulée) Je pense que ce n'est qu'une question de temps, mais le grand public entendra un jour parler des Royal donuts ; probablement pas pour leurs sketchs et web-séries, en premier lieu du moins, mais sûrement pour leurs créations futures.

UPDATE : Environ une semaine après la publication originale de cet article, Julien War avait publié un nouvel épisode de Thierry Levure qui avait déjà été tourné mais jamais monté. Par la suite, tous les épisodes ont été ré-uploadé peu à peu sur Youtube. Malgré le très bon accueil dans les commentaires, des articles sur des sites comme Konbini ou Melty, une page Facebook qui a rapidement atteint les 2000 likes, ... au bout de quelques épisodes seulement, on pouvait voir parmi les commentaires le créateur déplorer qu'il ne gagnait pas assez rapidement en visibilité. Et donc depuis plus d'un an, plus aucun épisode.
Encore une fois, je pense que War aurait dû persévérer, surtout au vu des commentaires élogieux qui indiquaient une fanbase grandissante. Toutefois, Julien War continue sa carrière, il a été un des 4 scénaristes de Gangsterdam (oui... le film avec Kev Adams... qui a créé une petite polémique pour son humour sexiste et homophobe), toutefois je reste très curieux de ce qu'il pourra créer à l'avenir. Avec son comparse Rémy Four (co-créateur de Danny Esteban), ils tournent en ce moment un film pour Netflix, La grande classe, avec Jérôme Niel et Ludovik.
A suivre.

jeudi 25 octobre 2018

Bandes-annonces #86 : VHS de Masterblaster

Ça faisait très longtemps que je n'avais pas uploadé de bandes-annonces, en fait je ne l'avais pas fait depuis que j'ai commencé mon documentaire, en mars dernier.
Ayant récupéré quelques VHS en brocante récemment, voilà deux nouvelles BA, issues de la cassette de Masterblaster :
-Le clan de la caverne des ours / The clan of the cave bear (1986), film d'aventure et historique de Michael Chapman, avec Daryl Hannah et Pamela Reed. On dirait que ça voulait surfer sur le succès de La guerre du feu (la voix-off y fait même allusion).
-Un pont vers l'enfer / Bridge to nowhere (1986), un thriller de Ian Mune.



vendredi 19 octobre 2018

Pubs rétros Monster bis

Encore une fois, ça fait longtemps que je n'ai pas posté sur le blog, toujours pour les mêmes raisons : manque de temps, autres activités, et surtout, le documentaire sur Norbert Moutier !
(quoique j'ai récupéré des VHS dernièrement, donc peut-être que j'uploaderai de nouvelles BA prochainement)

C'est le docu qui m'amène aussi à faire ce nouveau post ; j'ai acheté des Monster bis, le fanzine de Moutier, donc je vais vous partager quelques pubs rétros sympas trouvées là-dedans.
Pour certaines, j'ai dû prendre des photos au lieu de scanner ; le fanzine ne se prête pas au scan de pages entières, et j'ai pas envie d'abîmer des objets aussi collector, surtout au prix que ça m'a coûté !

Cliquez sur les photos pour les voir en grand :