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lundi 30 avril 2018

Pourquoi un documentaire sur Norbert Moutier ?

Ces derniers mois, que ce soit sur le blog ou sur les pages Twitter et Facebook de Conneries sur VHS, j'ai régulièrement fait part des avancées de mon documentaire sur Norbert Moutier... mais sans prendre la peine d'expliquer le projet en lui-même.
Il faut dire que lorsqu'on a filmé la première interview, la direction que prendrait le film était encore floue dans mon esprit. Je ne savais même pas comment désigner le projet : "reportage", "documentaire", ... ou simplement "vidéo" ?
Je pensais encore que je n'interrogerais que quelques personnes, et au compte-goutte, mais en fait cette interview initiale m'a vraiment motivé à enchaîner les autres et à m'investir à fond dans ce projet, qui prend de plus en plus d'ampleur, pour pouvoir le terminer le plus tôt possible.
Cette première interview et les anecdotes insolites qu'elle nous a fourni a ravivé cette vieille obsession que j'ai pour Norbert Moutier, qui remonte à dix ans déjà !
Dix ans que j'ai découvert Ogroff par le biais d'une chronique sur Nanarland alors que j'étais au collège, dix ans que j'ai l'idée d'interviewer plusieurs collaborateurs de Moutier pour parler de ses films (oui déjà ado j'étais sérieusement atteint, je partageais des copies de L'homme-puma ou Turkish star wars dans la cour de récré...).

Je ne dirais pas que je suis fan de Norbert Moutier, ses films sont des série Z fauchées et pas forcément les plus funs ; non, vraiment, il s'agit d'une obsession, c'est le terme approprié, je suis obsédé par Moutier, tant le personnage est atypique.
C'est un ancien comptable venu d'Orléans, qui a abandonné son boulot pour ouvrir sa boutique de VHS, de livres et de BD à Paris, où il vendait son propre fanzine, Monster bis, qui était une référence à l'époque. Et il tournait des films le week-end avec pratiquement aucun budget, généralement dans la cave de son magasin ou dans la forêt ! Ce type a tourné le tout premier slasher français, mais on pouvait tout simplement lui rendre visite dans sa petite boutique, comme si c'était n'importe qui.
Quand j'ai découvert ça, c'était du jamais vu pour moi, et je trouvais l'association de tous ces éléments fascinante. C'est un peu comme si Tobe Hooper avait son propre vidéoclub, ou si Dario Argento avait un magasin pour vendre ses... oh, wait...

Ce que j'admire chez Norbert Moutier, c'est que c'est un passionné de cinéma qui, comme Tommy Wiseau ou Alphonse Béni, sans en avoir réellement eu les moyens, a tout fait pour concrétiser son rêve de faire des films. Et a persisté pendant des années malgré les critiques.
D'ailleurs il m'avait dit un jour qu'il préférait être un cinéphile actif plutôt que passif, et c'est un propos qui m'a marqué pendant longtemps, car je m'y retrouve.
Au final, ma démarche est dans l'esprit de celle de Moutier.
Mon but est de faire un documentaire aussi complet que possible sur l'ensemble de sa carrière : son fanzine, ses romans, et ses films, y compris ceux disparus ou inachevés. Un documentaire dans l'esprit d'Electric boogaloo ou Not quite Hollywood, riche en intervenants qui raconteront l'histoire de ce cinéaste obscur, à défaut de pouvoir l'interviewer lui-même. En fait le bonhomme est plus ou moins reclus à Orléans depuis la fermeture de sa boutique, il n'est plus en contact avec ses anciens collaborateurs, et auparavant déjà, il était réticent à donner des interviews...
J'espère tout de même lui faire parvenir le film au final, raison de plus pour me dépêcher.

Mais même en dehors de ça, il était temps de concrétiser ce projet : depuis que j'ai débuté, j'ai appris le décès de deux anciens collaborateurs de Moutier (Marc Georges, directeur de la photo sur Ogroff, et Michel Finas, acteur principal de Trepanator et Alien platoon). Et au fil des interviews je me rends compte de l'affection suscitée par Moutier auprès de ses anciennes connaissances, et également du fait qu'il est tout de même une figure unique dans l'histoire du cinéma d'horreur français.
Je me dis qu'il est nécessaire de faire ce film, tant qu'il en est temps, car personne d'autre ne risque de le faire à ma place... alors qu'en fait, la plupart des personnes que j'ai contacté sont facilement accessibles grâce à internet.
Et évidemment, c'est un grand plaisir pour moi que de travailler là-dessus : je récupère des images d'archives et des vidéos inédites qui sont des trésors à mes yeux, je rencontre des personnes passionnées, et étant friand d'anecdotes insolites sur des coulisses de films, j'ai la chance d'en récolter pleins à chaque interview.
Je pense que même pour des personnes n'ayant jamais vu la filmographie de Norbert Moutier, le documentaire sera divertissant rien que pour ces histoires (de la même manière qu'on peut apprécier The disaster artist sans avoir vu The room).



Pour ce qui est de la distribution du film... j'y ai beaucoup réfléchi et j'ai pas mal hésité, mais au final la question ne se pose pas réellement puisqu'a priori Norbert Moutier détient les droits de tous ses films (dont un seul est sorti en DVD avec son accord), et qu'on m'a répété qu'il ne voulait plus en entendre parler, alors qu'il était déjà réticent à en céder les droits à l'époque où il était sur Paris...
Donc mon documentaire sera très certainement disponible gratuitement sur Youtube. Ce qui ne veut pas dire que je ne vais pas le soigner et le peaufiner, de sorte à ce qu'il soit à la hauteur de n'importe quel long-métrage documentaire professionnel.
Je me dis que le film me bénéficiera de toute façon, soit pour montrer mes capacités en tant que réalisateur et monteur vidéo (c'est mon boulot), soit éventuellement en m'apportant des abonnés sur ma chaîne Youtube, si jamais je veux la monétiser un jour.
Et sinon, ça aura juste été fait par passion... comme Norbert avec ses propres films, quoi !

Au passage, merci aussi de me contacter si jamais vous avez une quelconque info ou anecdote à me fournir, si vous connaissez des personnes que je devrais interviewer, ou si vous avez des photos ou tout autre document en lien avec Norbert Moutier.
Parmi les infos que je n'ai pas réussi à obtenir jusque là, il y a l'existence de la VHS du court-métrage Hemophilia dont je n'ai pas pu avoir la confirmation (on la voit dans des interviews de Moutier, mais impossible d'en retrouver la trace sur internet, peut-être qu'elle n'a jamais été vendue).

Sur ce, j'ai hâte de pouvoir vous présenter un avant-goût du film avec des extraits, mais j'attends encore d'avoir filmé quelques interviews supplémentaires.

lundi 23 avril 2018

Achille Talon : Saison 2 épisode 20 (partie 2) + Update docu

Je ne m'étais pas rendu compte que ça faisait plus de 3 semaines que je n'avais pas publié sur le blog !
Du coup, si vous ne suivez pas le compte Twitter ou Facebook : on a fait 2 autres interviews pour le documentaire sur Norbert Moutier : Patrick Giordano, qui a composé les BO de Trepanator et Alien platoon, et Eric Maché, co-producteur du film perdu Brooklyn cop !
Le projet avance peu à peu, et au total on devrait avoir au moins une vingtaine d'intervenants.
Il y a déjà des anecdotes de dingue parmi les interviews, et j'ai hâte de montrer ça ; j'attends encore un peu avant de partager des teasers ou des extraits.

A part ça, je vous propose un autre épisode d'Achille Talon, "Talon fait l'Hannibal" :