J'en parlais dans l'article précédent : j'ai finalement décidé de réuploader l'interview de Lloyd Kaufman que j'avais faite au festival de Cannes en 2013, après qu'on m'ait fait quelques retours.
Le son est vraiment pourri, mais Lloyd me fait trop marrer dans cette vidéo pour ne pas la re-partager. J'ai pensé à un moment ré-enregistrer mes questions, mais ça ne collait pas, j'ai donc tout sous-titré, d'autant plus que ça aide à éclaircir le propos de Lloyd Kaufman, qui fait quelques erreurs de français.
J'ai adapté certaines de ses phrases (c'est pour ça que ça diffère dès le "Soyez le bienvenue de Tromaville", qui est en fait sa traduction approximative de "Greetings from Tromaville").
J'ai supprimé plusieurs questions par rapport à la vidéo originale, parce qu'elles n'étaient pas intéressantes, ou n'étaient plus d'actualité.
Toxic avenger ressort en salles, Return to nuke'em high volume 2 est enfin sorti, et pour l'occasion le légendaire Lloyd Kaufman fait une tournée de projections et de dédicaces en France.
L'occasion parfaite pour que je déterre un montage vidéo que j'ai réalisé en 2013, alors que j'étais encore étudiant en école de cinéma.
Cette année-là, j'étais allé à Cannes pour assister à la projection du dernier film de Troma, et j'avais pris, au cas où, la seule caméra que j'avais à l'époque (une caméra DV cheap, avec prise de son direct), en me disant "on sait jamais, peut-être que je pourrai interviewer Lloyd Kaufman", sans trop y croire.
Il s'avère que Lloyd était incroyablement dispo et abordable auprès de ses fans ; j'avais demandé à un de ses assistants si je pouvais interviewer le boss, et j'ai dû attendre plusieurs jours, sans résultats. Mais en croisant Kaufman himself dans le Marché du film, je lui ai posé la question, et il a accepté direct ! Il se fichait de savoir si j'étais journaliste du Monde ou un étudiant qui écrivait juste pour un blog de ciné (j'appartenais à la 2nde catégorie, pour info), il a de suite fixé une date et une heure avec moi.
Et lorsqu'il a fallu décaler, il m'a personnellement appelé sur mon portable, pour s'excuser et trouver un nouveau rendez-vous.
C'était déjà incroyable de rencontrer quelqu'un dont j'adorais certains films, mais c'était encore plus dingue qu'il traite un simple fan avec autant d'égards (et ça fait quelque chose, quand le réalisateur de Poultrygeist t'appelles sur ton téléphone).
Durant mon séjour à Cannes, j'en ai profité pour filmer la Troma team au quotidien, obnubilé que j'étais par n'importe laquelle de leurs frasques, moi qui avais vu plusieurs fois le documentaire All the love you Cannes quand j'étais ado, et qui rêvais d'aller un jour au festival juste pour les croiser.
Le summum a été le tournage d'une séquence pour Return to nuke'em high volume 2, devant le Palais des festivals (sans autorisation, bien sûr). J'ai fait partie d'un de ces mutants qui crachent du slime vert, figure emblématique des productions Troma !
De retour de ce périple, je savais que j'avais suffisamment de rushes pour monter deux vidéos : une interview de Lloyd Kaufman, et un reportage sur le passage de Troma à Cannes.
Tandis que certains travaillaient sur leur projet de fin d'année, je monopolisais donc certains ordinateurs vacants dans les locaux de mon école de ciné, pour monter du Troma.
Et le travail avançait peu, car je n'arrêtais pas de montrer des extraits à n'importe quel étudiant passant par là, tellement fier d'avoir pu filmer tout ça.
J'ai plusieurs fois hésité à re-uploader mon "reportage" sur Youtube, car même si j'en étais terriblement fier à l'époque, j'avais utilisé le matériel très amateur que j'avais sous la main, et le son des interviews laisse vraiment à désirer.
J'ai quand même décidé de repartager ça, en réenregistrant quand même la voix-off, qui était encore plus horrible que le reste. Et comme je n'ai plus le projet de montage depuis longtemps, j'ai dû bidouiller pour remplacer la voix et la musique.
Au moins, vous allez voir l'ambiance que mettait la Troma team lorsqu'elle passait au festival, quand elle y était encore plus ou moins la bienvenue.
Pour ce qui est de l'interview complète de Lloyd Kaufman, dont j'étais également très fier, je ne sais pas encore si je la remettrai en ligne (ou alors dans une version raccourcie et sous-titrée) : le son est encore moins audible, et une partie du propos est devenu obsolète.
J'ai acheté la VHS de Medicine man par inadvertance ; c'est de McTiernan, mais pas le genre de film que j'aurais pris en VHS. Or, c'était caché dans le boîtier de Marchands de mort...
Une seule bande-annonce, celle de IP5 : L'île aux pachydermes (1992), drame de Jean-Jacques Beineix avec Yves Montand.
Des BA de ce film sont déjà dispos sur Youtube, mais pas cette version.
Dans le cadre de mon documentaire sur Norbert Moutier, j’ai
rencontré Antoine Cervero, créateur d’effets spéciaux pour Alien platoon et
Dinosaur from the deep. Egalement collaborateur de Julien Richard-Thomson et de
Jean-Pierre Mocky, il continue aujourd’hui de créer : des peintures, des
BD, et des monstres bricolés chez lui avec un peu tout ce qui lui tombe sous la main.
Je savais que je n’aurais pas assez de temps à consacrer à
ses créations dans le documentaire, donc j’ai fait une vidéo séparée, une sorte
de "bonus" bien avant la sortie du film, qui vous donnera aussi un
avant-goût de ce que je prépare.
[NOTE : Cet article a été publié à l'origine le 7 septembre 2016 sur un autre blog, aujourd'hui disparu. Je le republie ici aujourd'hui pour ne pas perdre ce travail, et parce que je tiens toujours à faire connaître les créations d'Amaury Dupas et surtout de Julien War, car Thierry Levure et Danny Esteban restent encore mes webséries préférées, elle me font hurler de rire à chaque fois que je les revois.]
"Mais qu'est-il arrivé aux Royal Donuts ?", une
question qui me revient à l'esprit, de temps à autres, et que j'estime être le
mieux placé pour l'aborder, puisque je dois être le seul sur cette planète à me
la poser.
Toutefois, l'interrogation qui doit sûrement vous assaillir maintenant, c'est
"Mais c'est qui, les Royal Donuts ?"
Pour répondre à cela, revenons environ une dizaine d'années en arrière. Je
devais être au collège lorsque j'ai découvert le défunt site Cine-courts.com.
Il m'a fallu ressortir mon DVD de George Lucas in love, édité par ce
site, pour en retrouver le nom, puisque Ciné-Courts a aujourd'hui disparu.
Quelle ironie que leur DVD, qu'on peut encore trouver régulièrement dans les
magasins d'occasion, leur ait survécu !
Comme son nom l'indique, Ciné-Courts, créé en 1999, partageait des
courts-métrages divers, mais une série de vidéos en particulier avait attiré
mon attention, titrée Refais ton film préféré à la maison.
Il s'agissait de sketchs pour les chaînes du bouquet CinéCinéma (aujourd'hui
renommé Ciné+), où le duo des Royal Donuts, à savoir Julien War et Amaury
Dupas, détournaient des blockbusters avec leurs propres moyens, et ce avant
même que Michel Gondry ne le fasse avec son Soyez sympas, rembobinez.
Sur internet, je n'ai le souvenir que de 5 épisodes disponibles, qui portaient
sur Men in black, Jurassic park 3, Fast and furious, Il
faut sauver le soldat Ryan, et Mulholland drive.
N'ayant aucune chaîne du câble ou du satellite, je ne pouvais qu'imaginer les
autres parodies à côté desquelles je passais !
Voici une vidéo réunissant plusieurs épisodes :
Je n'avais pas revu ça depuis des années, peut-être un peu de crainte que ça me
plaise moins que lorsque j'étais ado, mais en fait ça me fait toujours autant
marrer. C'est mon type d'humour ; c'est très idiot mais bien écrit et bien
rythmé.
Et je pense que ce côté semi-amateur m'avait plu parce que ça donnait
l'illusion que c'était à la portée de tous, ce qui donnait du coup envie de se
saisir d'une caméra aussi.
Ça paraît fou mais en revoyant ça, je me rappelle aussi que certaines répliques
m'avaient marqué, au point que je les ressortais régulièrement par la suite.
Et je pense que je m'étais inspiré de ces vidéos pour trouver le ton de mon
propre film suédé, lorsque Dailymotion avait lancé un concours pour la sortie
de Soyez sympas, rembobinez ; je voulais faire quelque chose se situant
entre l'hommage et la parodie.
(autre anecdote bidon mais qui atteste également de mon appréciation des Royal
Donuts à l'époque : lors de ma première inscription sur Blogger, j'avais choisi
une photo de Starfuckers en avatar)
Les
Royals Donuts ont également réalisé une autre série de vidéos, toujours pour
les mêmes chaînes, portant sur le lexique du cinéma :
Puis,
aux environs de 2005-2006 je dirais, j'ai appris l'annonce d'un long-métrage de
leur part, nommé Starfuckers.
Il existait alors un site, avec plusieurs teasers, où l'on voyait Amaury et
Julien en costumes de super-héros cheaps, s'en prendre à des stars : on les
voyait pisser sur les chaussures de Thierry Lhermitte et prendre Corbier ou
Amanda Lear en otage.
On peut encore trouver la fiche sur Allociné : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=112260.html
Aucune date annoncée sur l'affiche, juste un simple "Cet hiver, les stars
vont morfler". Mais l'hiver de quelle année ?!
Plus le temps passait, moins j'imaginais le film sortir un jour. Et puis le
site de Starfuckers a disparu...
Il existe également une fiche sur SensCritique ! Bon ok je l'avoue, c'est moi
qui l'ai créée il y a 5 ans, et encore aujourd'hui je reste le seul à avoir
ajouté le film à ses envies...
On peut encore voir les quatre teasers :
Depuis, les Royal Donuts ont été bien moins actifs, il y a eu Tueurs, qui n'a duré qu'un épisode ; ensuite il
semblerait que Julien War ait créé de son propre côté El Dirty Donut : http://eldirtydonut.over-blog.com/
Ça a donné Le mec de 1996(4 épisodes) et No sex in
the city (3 épisodes). Les concepts sont très différents, bien qu'on y
retrouve toujours le même sens du rythme et le même humour débile mais tordant.
Mais il ne s'agit malheureusement que de séries vite abandonnées, avec à chaque
fois, une ou deux personnes se plaignant en commentaire que ça ne continue pas.
Mais leur long-métrage en commun, Starfuckers, que lui est-il arrivé ?!
Au fil du temps, à chaque fois que ces vidéos, ou autre chose, me faisait
repenser avec nostalgie aux Royal Donuts, j'ai tenté de les contacter, par
message privé sur leurs divers comptes Facebook, Youtube, ou Dailymotion, pour
savoir ce qu'il était arrivé à Starfuckers.
Je n'ai jamais eu de réponse. Étant donné leur manque d'activité, est-ce parce
qu'ils n'ont pas lu ?
Parce qu'ils ont eu la flemme de répondre ? Parce qu'ils
préfèrent oublier ce qui a pu arriver à leur film ? Parce que, pour une
quelconque raison légale, ils n'ont pas le droit de narrer ce qu'il s'est passé
?! Ou bien est-ce que tout cela n'a été qu'un gros canular depuis le début ?
C'est à partir de ce moment que j'ai décidé d'enquêter un peu, puisqu'une piste
nouvelle se présentait à moi. Et puis, c'était l'occasion ou jamais, je ne pouvais
boucler cet article sans la certitude d'être allé jusqu'au bout (de plus, ça
fournissait une bonne excuse pour chercher des infos ; plutôt qu'un fan
maniaque, je pouvais passer pour un blogueur qui fait bien son boulot).
En cherchant Mehdi Boukacem, je suis tombé sur le profil d'un réalisateur à la
tête de la boîte Z-Art studio. Le site de sa société a disparu, mais en
utilisant encore Archive.org, j'ai pu trouver une adresse mail. Qui ne
fonctionne plus non plus.
J'ai ensuite vu que Boukacem était originaire du Havre, comme le duo des Royal
Donuts ; ça ne pouvait être un hasard, et m'a encouragé à lui envoyer un
message sur Facebook.
En parallèle, j'en ai envoyé un autre à Amaury Dupas, voyant au passage qu'un
autre message envoyé presque 4 ans plus tôt, et concernant également Starfuckers,
était resté sans réponse.
Mais là, Amaury m'a répondu, presque immédiatement.
Je dois dire que je ne m'y attendais pas.
Désillusion : Starfuckers n'était effectivement qu'un canular ; 10 ans
après je découvrais enfin la vérité. Ça m'a pris presque autant de temps que
pour le père Noël.
Toutefois, ayant enfin l'occasion de m'adresser à un des Royal Donuts, puis
plus tard au second, j'y ai vu l'opportunité d'avoir des réponses à toutes mes
interrogations.
En voici un condensé :
> Est-ce que vous souhaitiez depuis le départ
travailler dans le cinéma ou l’audiovisuel ? Amaury Dupas : Non, pas nécessairement, je prends toutes les choses
de la vie comme elles viennent, expérience après expérience, et celle-ci en fut
une très enrichissante à tout les points de vue. Julien War : Oui, depuis que j’ai découvert La télé des inconnus
à une dizaine d’années. J’étais d’abord fasciné par ces rigolos qui se
déguisaient, leur air entraînant, puis leurs satires acerbes et leur dérision
qui fait mouche… Mais je n’ai pas fait d’études dans ce sens. J’ai toujours
appris seul, avec des livres surtout…
> Comment sont nés les Royal Donuts ? Et d’où vient
ce nom ? JW : Royal Donuts est né lorsque CinéCinéma (l’ancêtre de Ciné +)
nous a commandé une série de sketchs. Au début nous étions trois, et lorsque
nous sommes passé en duo, nous avons dû trouver un nouveau nom pour amorcer ce
nouveau départ. Je ne me souviens absolument pas comment j’ai trouvé ce nom
mais je sais que l’aspect visuel du donut et ses déclinaison m’attirait
beaucoup ! AD : Pour le nom c’est juste un dérivé potache de la troupe Royal
deluxe [NDR : troupe de théâtre de rue, habituée à faire défiler des
marionnettes géantes dans les rues du Havre notamment]
> Est-ce que vous aviez fait d’autres créations vidéos avant Refais ton
film préféré à la maison ? JW : En effet, nous avions fait pas mal de vidéos avant cela,
notamment en trio, sous l’appellation "Port Nawak". A l’époque on
parodiait beaucoup la télé, un genre qui s’est vite galvaudé. Mon cousin a
retrouvé quelques vidéos qu’il a mises en ligne récemment : https://www.youtube.com/watch?v=PBi_EsystaU&list=PLDuIVcfFGdOW-Xl3ZPUGu747tN_BHMQIF
Ce sont nos débuts, donc pas forcément que du bon !
> Comment en êtes-vous arrivés à travailler pour
CinéCinéma ? J’ai comme un vague souvenir d’avoir lu quelque part, il y a
des années, que vous présentiez des séances de ciné ? JW : Oui c’est a peu près ça. En 2002 j’avais contacté la ligue
d’impro du Havre pour bosser sur des sketchs que je voulais réaliser. Une fois
mon équipe montée, je suis allé démarcher des salles de ciné pour leur proposer
de diffuser des sketchs avant les grosses avant-premières comme Le seigneur
des anneaux. C’était la première fois que mon travail était diffusé dans
une salle de ciné, un rêve devenu réalité. AD : Je crois que tout ce qui a fait que les choses on connu un
essor à un moment donné c’est grâce à Julien, il y a toujours mis une énergie
incroyable pour parvenir à son but qui était de faire partie de ce milieu et
j’estime aujourd’hui qu’il y est parvenu. Je suis admiratif de ça, et d’une
manière générale envers ceux qui foncent vers leur rêve.
> Étant donné que j’ai toujours connu Refais ton film préféré à la maison
sur internet, je n’ai jamais vu ces vidéos sur la chaîne. Dans quel contexte
est-ce que c’était diffusé ; c’était des présentations qui précédaient les
films ? AD : Refais ton film préféré à la maison n’était pas dans la
grille de programmation de la chaîne, il n y avait donc pas de rendez-vous
prévu avec le public. C’était une pastille diffusée entre les trous dans la
grille de programme en quelque sorte.
> De quand à quand est-ce que cela à duré ? AD : J’dirais de 2003-2004 jusqu’en 2006-2007.
> Combien est-ce qu’il y avait d’épisodes de Refais ton film… ? Je
crois qu’il n’y en avait que 5 disponibles sur internet. AD : Honnêtement je ne sais plus mais il y en avait plus que 5,
c’est certain. JW : Je crois que les autres ont disparu, du net et de ma
mémoire !
> Quand on revoit ces vidéos aujourd’hui, on a
l’impression que c’est précurseur de ce qu’on peut trouver en masse sur Youtube
maintenant, en terme de rythme, et par rapport à l’aspect didactique/tutoriel.
Il me semble que les vidéos de Refais ton film… ont même précédé le film
de Michel Gondry, Soyez sympas, rembobinez. AD : Ça c’est bien vrai, on s’est même demandé si Gondry ne nous
avait pas pompé le truc ! Mais bon soyons sérieux, je doute fortement
qu’il soit tombé sur un de nos sketchs, mais j’avoue ce fut une sacrée surprise
de voir ça.
> Est-ce qu’on trouvait déjà d’autres créations de ce genre à l’époque, dont
vous vous seriez inspirés aussi, ou est-ce que c’était relativement
nouveau ? JW : Non, de mémoire Refais ton film... était une idée
originale d’Amaury, et on a tout de suite été très emballé. On avait peut être
2 ans d’avance sur les films suédés de Gondry, et en effet par la suite, tout
le monde a pensé qu’on s’en était inspiré…
> Est-ce que ces sketchs et passages à la télévision vous ont fait gagner
une certaine notoriété à l’époque ? Est-ce qu’on vous a déjà reconnu dans
la rue, par exemple ? AD : Non, l’exposition médiatique était trop insignifiante, mais
par contre ça nous a valu une certaine exposition dans la presse locale ;
coupures de journaux et double-page dans le magazine municipal Océane.
> D’où est venue l’idée de Starfuckers ? Aussi bien le concept
que l’idée d’en faire un canular (il faut encore que je m’en remette) AD : L’idée originale venait de moi et Julien à développé le
concept. Quant à la partie canular, elle était convenue dès le début, c’était
en quelque sorte une tentative de buzz lorsque cela ne se faisait qu’avec la
complicité de média influents.
> Étant donné que ce n’était donc pas réellement destiné à devenir un
long-métrage, comment est-ce que vous avez convaincu les quelques stars qu’on
voit dans les teasers ? (Amanda Lear, Thierry Lhermitte, Corbier) JW : C’était sensé être un gros canular, mais à l’époque les
réseaux sociaux n’existaient pas et la mayonnaise n’a pas pris ! J’ai
contacté tous ces gens par mail, parfois en tapant des adresses au hasard.
J’avais conçu un petit dossier de présentation. Je sais que Lhermitte a accepté
car il est lui même un grand fan de canulars en tout genre.
> Sur le site, on peut voir en producteur CinéCinéma, et Mehdi Boukacem.
Est-ce que vous pouvez parler davantage de la place que ce dernier a eu sur les
divers projets des Royal Donuts, et comment vous l’avez connu ? AD : Pour CinéCinéma, ils étaient d’accord pour jouer le jeu, et
Mehdi est un ami de longue date de Julien qui faisait ses études dans une école
pour devenir producteur. C’était d’ailleurs lui le gérant de Nemesis
production, qui vendait les sketchs.
> Il existe une fiche
Allociné de Starfuckers, est-ce que c’est l’un de vous qui l’a
créée ? AD : Pour la fiche Allociné c’est Julien qui avait une amie qui
bossait là-bas, donc elle nous a filé un coup de main. Jean Yves Lafesse fait
partie des personnes qui ont accepté de jouer le jeu comme Plastic Bertrand ou
encore Valérie Lemercier.
> Jean-Yves Lafesse est crédité, mais il n’est pas dans les teasers ;
est-ce qu’il devait participer à un autre moment ? JW : Il devait le faire en effet mais n’a jamais donné suite à
notre échange de mail.
> Après Starfuckers,
si je ne me trompe pas, la seule, et dernière, création des Royal Donuts, c’est
Tueurs, qui n’a duré qu’un épisode. Est-ce qu’il devait y en avoir
d’autres ? AD : Oui il devait y en avoir d’autres, on préparait ça pour notre
rentrée sur Ciné Frisson, qui n’a finalement jamais eu lieu. Le milieu de la
télé, quand on n’est personne, c’est compliqué d’exister. Les gens avec qui on
avait collaboré pendant des années ne répondaient plus au téléphone ni aux
mails. C’est comme ça, on n'était rien ni personne donc j’imagine qu’ils
avaient autre chose à foutre.
> Julien a ensuite créé "El dirty donut", mais sans
Amaury cette fois. AD : Oui, il était resté sur Paris et moi j’étais plus souvent au
Havre ; des choses banales de la vie en quelque sorte, la fin d’une
époque. Je dois quand même avouer que vers la fin je ne partageais plus
vraiment le style d’humour auquel il aspirait donc la motivation en a pris un
coup, et puis la réalité : devoir payer un loyer, se nourrir, tout ça
quoi. JW : C’était une tentative de blog qui rassemblerait les anciennes
vidéos de Royal Donuts et des nouvelles, en solo. Mais je n’ai aucun talent
pour la communication et je n’ai pas su persévérer !
> Pourquoi avoir arrêté si tôt Tueurs, Le mec de 1996 ou No
sex in the city ? A voir les commentaires sous les vidéos, la
réception était bonne et le public attendait la suite.
(dans mon cas, j’espère encore en voir plus) JW : Peu de gens connaissent Tueurs ! C’était à la base
un programme que l’on devait vendre a CinéCinéma pour une troisième saison,
mais ils ont fermé les vannes. Dommage, Amaury me faisait beaucoup rire
là-dedans.
Pour les autres, ce sont des tentatives solo et auto-produites pour capter
l’attention, et surtout me faire plaisir. Mais c’était énormément de boulot et
je ne pouvais pas faire bosser des gens dans la durée sans les rémunérer. Le
succès était relativement au rendez-vous, mais pas suffisamment pour créer un
vrai engouement qui m’aurait encouragé à persévérer. Je n’ai jamais eu de
patience, c’est mon gros défaut.
> Est-ce qu’il y aurait d’autres webséries qui m’auraient échappé ? JW : Oui, Thierry Levure, un concept récent dont les pilotes
ont été financés par D8, mais suite au putsch de Bolloré on a fini à la
poubelle… Il y a aussi Pat Claybard, avec mon compère Rémy Four... J'en
ai fait tellement que j'en oublie ! [NDR : J'ai également découvert par la
suite Danny Esteban, personnage d'agent artistique loser]
> Est-ce que ces webséries étaient pour vous un moyen de vous faire connaître ? Ou c’était juste pour le plaisir de créer quelque chose ? AD : Les deux. Je pense que lorsqu’on fait ce genre de choses, c’est tout d’abord pour se faire plaisir, mais après s’il est possible d’en vivre, je crois que beaucoup ne refuseraient pas. Après la vraie notoriété ne me fait pas vraiment rêver en ce qui me concerne, en tout cas plus maintenant. JW : Les deux, mon capitaine. Désormais je suis auteur réalisateur pour le cinéma. Je travaille avec un nouveau partenaire, Rémy Four. Désormais le web n’est plus qu’une cour de récré pour moi, et une façon d’occuper mes week-ends ! La différence c’est que désormais, il y a tellement de choix dans ce domaine qu’il faut sortir du lot avec un concept inédit, voire révolutionnaire. Je le cherche encore…
> Julien, étant devenu scénariste depuis, est-ce que ces premières créations vous ont aidé à percer dans le milieu du cinéma ? JW : Ça m’a permis de mieux me connaître, identifier mon propre humour, un ton que j’essaie encore d’affiner, et surtout de maîtriser la grammaire de l’humour. C’est un work in progress permanent…
> Amaury, j’ai vu que vous faisiez des clips pour MS2K Vidéo Production. AD : MS2K Vidéo Production c’est la boîte que j’ai créé il y a deux ans, après six ans dans une agence de communication en tant que responsable du pôle image. Je travaille principalement pour des agences de com’ et d’évènementiel tout en continuant à me faire plaisir avec de petites réalisations plus perso, en attendant d’avoir toutes les conditions réunies pour réaliser mon premier court métrage dont j’ai vaguement imaginé le pitch. Une nouvelle aventure sans doute !
Pour la curiosité : https://vimeo.com/ms2k
> Est-ce que vous avez toujours l’envie de faire des sketchs ou des web-séries ? AD : En ce qui me concerne, pas pour le moment, mais c’est un truc qui me branche. JW : Oui, comme je disais au début je suis tombé dedans quand j’étais petit alors ça ne me quittera jamais. Les américains, même les grandes stars de l’humour comme Will Ferell ne s’en privent pas, via des sites comme Funny or Die et le SNL. Mais en France on trouve que l’humour est dégradant, appauvrissant intellectuellement. Alors je continuerai à concevoir des conneries, potaches ou absurdes, parce que tout simplement ça me fait rire.
Grâce à ces échanges, j'ai donc pu découvrir d'autres créations des Royal donuts, moi qui étais avide d'en voir toujours plus. Et Thierry Levure est de loin ce qui m'a le plus fait rire ; le concept est simple mais brillant : tous les personnages sont incarnés par des vidéos sur iPhone, dans des décors miniatures, pour des intrigues qui tournent à chaque fois autour des nouvelles technologies. Du coup, à l'humour absurde habituel s'allie cette fois un propos assez pertinent par moments.
Et encore une fois, quel regret que ça soit déjà terminé en une poignée d'épisodes, dévorés en un instant. Cette frustration persiste, et maintenant que je sais pourquoi tous ces concepts géniaux ont été tués dans l’œuf, j'ai l'impression qu'on a à plusieurs reprises retiré aux Royal Donuts leur chance de percer.
Mais j'ai découvert leurs créations étant ado, j'y reviens aujourd'hui et ça me plie toujours autant en deux. Il y a un sens de l'humour idiot, mais un vrai talent dans la mise en image des gags, de par l'efficacité du jeu, de la réalisation, et du montage.
Et je refuse de croire que des créations de qualité et leurs auteurs vont rester dans l'ombre ; je suis persuadé qu'une œuvre, quelle qu'elle soit, finit par remonter à la surface si elle est suffisamment bonne pour donner aux quelques personnes qui tombent dessus l'envie d'en parler.
(de la même manière que je pense que Futurama est une série bien trop géniale pour rester annulée)
Je pense que ce n'est qu'une question de temps, mais le grand public entendra un jour parler des Royal donuts ; probablement pas pour leurs sketchs et web-séries, en premier lieu du moins, mais sûrement pour leurs créations futures.
UPDATE : Environ une semaine après la publication originale de cet article, Julien War avait publié un nouvel épisode de Thierry Levure qui avait déjà été tourné mais jamais monté. Par la suite, tous les épisodes ont été ré-uploadé peu à peu sur Youtube. Malgré le très bon accueil dans les commentaires, des articles sur des sites comme Konbini ou Melty, une page Facebook qui a rapidement atteint les 2000 likes, ... au bout de quelques épisodes seulement, on pouvait voir parmi les commentaires le créateur déplorer qu'il ne gagnait pas assez rapidement en visibilité.
Et donc depuis plus d'un an, plus aucun épisode.
Encore une fois, je pense que War aurait dû persévérer, surtout au vu des commentaires élogieux qui indiquaient une fanbase grandissante.
Toutefois, Julien War continue sa carrière, il a été un des 4 scénaristes de Gangsterdam (oui... le film avec Kev Adams... qui a créé une petite polémique pour son humour sexiste et homophobe), toutefois je reste très curieux de ce qu'il pourra créer à l'avenir.
Avec son comparse Rémy Four (co-créateur de Danny Esteban), ils tournent en ce moment un film pour Netflix, La grande classe, avec Jérôme Niel et Ludovik.
A suivre.
Ça faisait très longtemps que je n'avais pas uploadé de bandes-annonces, en fait je ne l'avais pas fait depuis que j'ai commencé mon documentaire, en mars dernier.
Ayant récupéré quelques VHS en brocante récemment, voilà deux nouvelles BA, issues de la cassette de Masterblaster :
-Le clan de la caverne des ours / The clan of the cave bear (1986), film d'aventure et historique de Michael Chapman, avec Daryl Hannah et Pamela Reed. On dirait que ça voulait surfer sur le succès de La guerre du feu (la voix-off y fait même allusion).
-Un pont vers l'enfer / Bridge to nowhere (1986), un thriller de Ian Mune.
Encore une fois, ça fait longtemps que je n'ai pas posté sur le blog, toujours pour les mêmes raisons : manque de temps, autres activités, et surtout, le documentaire sur Norbert Moutier !
(quoique j'ai récupéré des VHS dernièrement, donc peut-être que j'uploaderai de nouvelles BA prochainement)
C'est le docu qui m'amène aussi à faire ce nouveau post ; j'ai acheté des Monster bis, le fanzine de Moutier, donc je vais vous partager quelques pubs rétros sympas trouvées là-dedans.
Pour certaines, j'ai dû prendre des photos au lieu de scanner ; le fanzine ne se prête pas au scan de pages entières, et j'ai pas envie d'abîmer des objets aussi collector, surtout au prix que ça m'a coûté !
Ouaw, je n'avais pas posté d'article sur le blog depuis 3 mois !
Je n'ai plus le temps d'uploader des bandes-annonces (et de toute façon je n'ai pas acquis de nouvelle VHS), en partie car je me concentre sur mon documentaire sur Norbert Moutier. Et je ne poste pas d'article pour chaque update sur ce projet ; pour ça, je préfère le format des publications sur Facebook ou Twitter.
En tout cas le projet avance, on en est à 14 interviews, on devrait recommencer à en filmer en septembre.
Il y a des hauts et des bas ; j'ai vraiment du mal à contacter certaines personnes, que ce soit pour les interviewer ou obtenir des infos, et je sais déjà qu'il y a des gens dont je tenais vraiment à obtenir le témoignage... qui ne veulent pas participer.
Quoi qu'il en soit, même avec certaines entraves, je vais faire mon maximum pour fournir le documentaire le plus complet possible.
En attendant de reprendre les interviews, on a filmé un nouvel épisode de Cassettes Mercenaires, qui avait été écrit depuis janvier ! Je l'avais laissé de côté, là encore pour me consacrer au docu, qui est un projet dans lequel j'ai été emporté sans l'avoir prévu. Je pensais au départ juste interviewer une personne, et voir pour les autres plus tard, mais au final ça m'a donné la motivation de contacter pleins de gens et de compléter le film au plus vite. Je me suis rendu compte que c'était une mauvaise idée que de faire traîner ça.
Ça a été difficile de se remettre dans le bain et de s'impliquer pour ce nouvel épisode de Cassettes Mercenaires, mais j'espère que le résultat vous plaira :